Pour gagner une guerre, n'importe quel général vous dira qu'il est important de connaître son ennemi. J'avais décidé que mon adversaire mortel serait la dialyse. Je ferai tout ce qui est humainement possible pour l'éviter. Toutes les informations que j'avais glanées à ce sujet me démontraient avec une clarté implacable que ma vie serait un enfer infernal et imposerait à ma femme un esclavage délétère. Toutes les formes de dialyse, péritonéale, hémodialyse dans un centre hospitalier ou à domicile me rébutaient. Toutes les informations publiées par les fabricants d'hémodialyseurs, les vidéos sur You Tube m'épouvantaient. La seule idée d'avoir une fistule dans le bras dans laquelle serai tinsérée des aiguiles quotidiennement, ou un cathéter logé dans mon péritoine, me dérangeait. Je vous suggère de visiter les sites web des sociétés Baxter et Frésénius qui regorgent de descriptions cauchemardesques. La seule solution acceptable serait une transplantation, ce qui me semblait alors trés élusif.
La cible ayant été circonscrite, il me fallait mieux comprendre mon mal. Or les médecins sont peu bavards , car ils sont surmenés et manque de temps. J'aimerais cependant souligner le travail extraordinaire du docteur Langlois du centre de néphrologie du CHUQ. Il a su par sa rigueur et sa grande humanité appaiser mes angoisses tout au long de ce périble.
En parcourant le web, j'ai appris que la mesure de la clairance de créatine était l'élément de mesure le plus objectif dont je pouvais disposer. Compte tenu de mon taux de créatine et utilisant la formule de Cockcroft et Gault. Je me suis rendu compte que mon insuffisance rénale était de modérée à moyenne. La biopsie pratiquée avait montré hors de doute une glomérulite ou maladie du Berger. Par ailleurs mon état général était relativement bon, sauf que ma gourmandise m'avait doté d'un joyeux enpomboint. En arrière plan je traînais depuis prés de 40 ans une colite ulcéreuse, cause de tous mes ennuis rénaux et, pour la bonne mesure une hypertension artérielle provoquée par la valve triscuspide qui faisait des siennes. Mais comme le disait si bien mon urologue qui surveille annuellement ma prostate hypertrophiée, à mon âge ce n'étaient que des petits bobos!!!
La seule arme dont je disposais était la diète. Et en avant marche!!!!
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